Résumé
La présente étude s'inscrit dans la continuité d’un travail visant à évaluer la réponse des cultures au phosphore dans des sols présentant des niveaux de richesse différents. L'étude précédente a été réalisée sur maïs fourrager avec quatre doses croissantes de phosphore (0, 80, 160 et 240 U/ha) dans trois sols ayant des teneurs initiales en phosphore de 10, 15 et 20 ppm (P₂O₅ Olsen). L'objectif de ce travail est d'évaluer la réponse du blé tendre (Triticum aestivum L. cv. Adjou) à l’arrière-effet des apports phosphatés réalisés sur la culture précédente. L'expérimentation a été conduite en pots, selon un dispositif en blocs aléatoires complets (DBAC) avec cinq répétitions, dans des conditions contrôlées d’irrigation. L'arrière-effet des apports phosphatés appliqués sur le maïs comme précédent cultural a été évalué à partir de différents paramètres de croissance (hauteur des plantes, surface foliaire et coefficient de tallage), de développement (date d’épiaison), d’écophysiologie (conductance stomatique, teneur en chlorophylle et en polyphénols), les composantes de rendement (nombre d’épis, nombre de grains, poids de mille grains, biomasse et rendement en grains) et de composition minérale des grains et de la paille de la culture du blé. Les résultats ont mis en évidence un effet résiduel significatif des apports de phosphore. Sur le plan agrophysiologique, la hauteur des plantes a augmenté de plus34% dans le sol (A), la surface foliaire a doublé (15,09 à 30,44 cm”), et le coefficient de tallage a progressé jusqu'à 1,59. La date d'épiaison a été avancée de 13 jours et la teneur en chlorophylle s'est améliorée de 22,36 à 29,74, tandis que les indices de stress (flavonoïdes et anthocyanines) ont diminué, confirmant l'atténuation du stress physiologique. Des améliorations significatives ont été enregistrées également dans les composantes de rendement, le nombre d'épillets a doublé dans le sol (C), le nombre de grains par épi a été multiplié par trois dans le sol (C) (11 à 34 grains/épi) et par 1,7 dans le sol (A) (22 à 37 grains/épi). Le taux de fécondation a augmenté de 23%, la biomasse aérienne et le rendement en grains ont été multipliés par 3,5 dans le sol (A) (respectivement 52,2 à 172,5 g/pot et 23,4 à 82,6 g/pot), et le poids de mille grains s'est amélioré de plus de 23%. Par ailleurs, aucune influence significative n'a été observée sur le nombre d'épis par plante, stable autour de 55 à 58 épis/pot. Ce qui confirme que des apports phosphatés résiduels de 160 à 240 U/ha sur une culture précédente améliorent durablement la productivité du blé, constituant un levier agronomique stratégique pour optimiser la production céréalière, améliorer l'efficacité d'utilisation des engrais et promouvoir des pratiques agricoles durable.
Mots-clés
Citer ce travail
AARAB, Z. (2025). Arrières-effets de l’application du phosphore sur la culture du blé tendre conduite en pots sur trois sols différents. PFE ingénieur, École Nationale d'Agriculture de Meknès. Centre de Formation et de Recherche de Louata. https://cfrl.cagor.net/fr/publications/cfrl-pfe-2025-01-arrieres-effets-de-l-application-du-phosphore-sur-la-culture