Résumé
L'objectif de ce travail est d'évaluer la réponse du maïs fourrager (Zea Mays) cultivé en pots, à l'apport de doses croissantes de l'acide phosphorique (0, 80, 160, et 240 unités par hectare) sur trois types de sols ayant des richesses initiales différentes en phosphore: Sol-A à 10 ppm, Sol-B à 15, et Sol-C à 22 mg/kg (Olsen extraction).
L'étude a été conduite selon un dispositif expérimental en DBAC avec 5 répétitions, permettant de comprendre les réponses et les interactions entre les apports en phosphore et les teneurs et propriétés spécifiques des sols sur la croissance et le rendement du maïs fourrager.
L'effet de la fertilisation en phosphore a différé suivant la teneur initiale du sol en P₂O₅. Le sol B, avec une teneur native en P de 15 mg/kg, a montré les meilleures réponses selon les paramètres mesurés, notamment la biomasse sèche, qui a évolué de 130 g à 200 g après l'apport de 160 unités/ha d'acide phosphorique. En revanche, pour le sol À, le plus pauvre en phosphore (10 mg/kg), la réponse des plantes aux apports est restée limitée. Le sol C (22 mg/kg), avec une teneur modérée en phosphore, à présenté des résultats intermédiaires, suggérant que les besoins en phosphore des plantes dans ce sol ont déjà été largement satisfaits.
Les résultats de cette étude ont indiqué que l'augmentation de la dose de phosphore apportée aux sols ayant une teneur faible ou modérée en P₂O₅ a amélioré significativement la hauteur, le diamètre au collet, et la surface foliaire. Au contraire, les sols riches en cet élément ont atteint une limite, au-delà de laquelle l'augmentation de la dose n'a plus engendré une réponse significative. En cas d’une dose excessive en phosphore qui dépasse les besoins de la plante, le risque des antagonismes nutritionnels avec d’autres éléments augmente, notamment l’antagonisme phosphore zinc signalé lors de l’étude pour les doses élevées de l’acide phosphorique.
Les résultats de cette étude ont montré aussi que l’apport en phosphore améliore significativement la biomasse fraiche et sèche des différentes parties aériennes du maïs fourrager (tige, feuilles, épi), un manque en cet élément pénalise le rendement final obtenu. L'étude mit en lumière l’importance des analyses de sol, afin d’ajuster avec précision les apports en nutriments avec les caractéristiques spécifiques de chaque sol. La stabilisation de la réponse observée à partir de la teneur de 15 ppm du sol peut être utilisée comme norme d’interprétation pour le cas du maïs fourrager. Cette approche raisonnée aide non seulement à prévenir les déséquilibres nutritionnels et les carences, mais aussi à minimiser les impacts environnementaux, notamment l’eutrophisation, liée à une fertilisation excessive ou inefficace.
Mots-clés
Citer ce travail
HAMMOUCHE, M. (2024). Réponse du maïs fourrager (Zea mays) cultivé en pots à l’application de doses croissantes de phosphore dans trois sols à richesses en phosphore différentes. PFE ingénieur, École Nationale d'Agriculture de Meknès. Centre de Formation et de Recherche de Louata. https://cfrl.cagor.net/fr/publications/cfrl-pfe-2024-02-reponse-du-mais-fourrager-zea-mays-cultive-en-pots-a-l-appli