Résumé
La présente étude vise l'analyse de l'économie des exploitations à variante laitière dans la région de Doukkala. La collecte des données a été faite par la réalisation des enquêtes auprès de trente-trois éleveurs des bovins laitiers répartis sur trois classes en fonction de l'effectif de leur cheptel de vaches laitières (<5 têtes, 6-20 têtes et >20 têtes). La méthode d'approche adoptée se base sur l'analyse des indicateurs de rentabilité à savoir le prix de revient d'un litre de lait - PRL, le produit brut, la marge brute et nette, sur l'estimation de la fonction de production, du coût et du profit des producteurs laitiers. Elle se base également sur l'identification des pertes économiques liées à l'alimentation, la santé et la reproduction des vaches laitières.
Les résultats obtenus ont montré que 84,8% des producteurs sont des adhérents aux coopératives et 15,2% sont des fermes individuelles qui se disposent de leurs propres unités de frigorifiques. Le lait collecté est livré directement à l'usine de transformation Nestlé El-Jadida. Ainsi, Les charges variables sont respectivement à 84%, 85%, 89% du total des charges pour la 1èe, la 2ème et la 3ème classe. En effet, Les grandes exploitations (>20 têtes) engagent 82% des charges totales en alimentation de leurs vaches laitières. Par ailleurs, Les charges fixes sont en moyenne égales à 231ODH/vache/an pour les exploitations appartenant à la première classe, à 2900 DH/vache/an pour les exploitations de la deuxième classe et elles atteignent 2972,86 DH/vache/an pour les exploitations de la troisième classe. Ainsi, La vente du lait contribue de 78% à la formation du revenu de l'élevage laitier.
D'une part, l'analyse du PRL montre que la première classe (1-5 têtes) a un prix de revient moyen d’un litre de lait de 3,91 DH/litre qui, comparé au prix de vente (3,58 DH/litre), engendre une perte moyenne de 0,33 DH/litre, ja deuxième classe (6-20 têtes) a un PRL moyen de 3,11 DH/litre, comparé au prix de vente m » DH/litre) amène à un gain moyen de 0,65 DH/litre et la troisième classe (>20 têtes) n de 2,5 DH/litre, et en le comparant au prix de vente moyen (3,86 DH/litre) amène & 1,38 DH/litre. D'autre part, la marge brute varie entre 1414,63 DH/vache/an pour la ÿ se et 6019,25 DH/vache/an pour la deuxième classe. La marge nette la plus élevée est celle de la deuxième classe. Elle est de l'ordre de 3119,25 DH/vache/an, suivie de celle de la troisième classe de 407,02 DH/vache/an. Toutefois, la première classe des petits éleveurs a une marge nette négative de -895,37 DH/vache/an ceci montre que le produit de l'activité laitière ne permet pas aux éleveurs de cette classe de couvrir toutes les charges de production. Ainsi, le nombre de vaches laitières, le prix des aliments, et le prix de vente du lait sont les facteurs qui présentent respectivement un effet significatif sur la production du lait, du coût et du profit des éleveurs laitiers.
En outre, les pertes relatives au poste de l'alimentation sont liées à la formulation de la ration alimentaire, type de la ration utilisée, l'efficience de conversion alimentaire des vaches laitières et les refus alimentaires. En effet, la troisième classe (>20 têtes) a la valeur la plus élevée des refus alimentaires soit 2,17 KG/J/tête, suivie de la deuxième classe (1,82 KG/J/tête) et finalement on trouve la première classe (1-5 têtes) avec une valeur moyenne de refus estimée à 0,5 KG/J/tête. En ce qui concerne le poste de la santé, 73% des producteurs du lait subissent des pertes à cause des mammites des vaches laitières. Finalement, les producteurs subissent également des pertes liées à l’allongement de l’intervalle vêlage-vêlage qui ont été estimées à 1428 DH/mois par exploitations équivalent d'une production du lait estimée à 593L/vache/mois.
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Citer ce travail
BARMAKI, S. (2022). Économie de production laitière à Doukkala. PFE ingénieur, École Nationale d'Agriculture de Meknès. Centre de Formation et de Recherche de Louata. https://cfrl.cagor.net/fr/publications/cfrl-pfe-2022-01-economie-de-production-laitiere-a-doukkala